Wait

Attendre. J’écris cette chronique à une heure tardive de la nuit, dans une voiture qui laisse échapper les derniers flux de chaleur par chaque interstice de la carlingue. Attendre. Je déteste attendre. C’est subir le temps, prendre conscience de notre condition humaine, coincé entre deux infinis, voué à attendre, sans cesse. Quand vous avez l’habitude de tout contrôler, de planifier votre journée pour que tout se déroule selon le rythme que vous lui avez attribué, attendre est une fatalité à laquelle vous voulez échapper. Fatalité et échapper, comme si ces deux mots étaient fait pour vous rappeler l’ironie de votre sort. Certaines personnes font des listes, des listes de courses, de choses à faire, des listes tellement remplies qu’elles vous empêchent d’avoir du temps à ne rien faire, du temps libre, libre de penser, de tergiverser. Alors je déteste attendre. Attendre et penser. L’air se refroidit moins rapidement que je l’aurais cru mais je ne sais pas combien de temps ma note pourra contenir le flot de mots qui se déverse sur mon téléphone. Écouteurs aux oreilles, regards furtifs par la fenêtre attendant que l’attente passe. Attendre quelqu’un, quelque chose, un événement, être impuissant face au temps et essayer de le combler d’une quelconque manière. Écrire, écouter de la musique, parler…mais arrêter de penser. Parce que l’impuissance face au temps est inéluctable peut être faut il simplement le retarder, avoir l’illusion de l’accepter, accepter d’être soumis à une force transcendante, sans contrôle. Ou croire pouvoir le tromper. Bref, assise dans cette voiture à 2h du matin, attendant que cesse cette position de passivité, que cesse cette attente pour qu’une autre vienne suppléer la première, et qu’ une seconde soit remplacer par une autre encore, tel un éternel recommencement. Il fait vraiment froid à présent. Le temps semble s’être arrêté. Finalement.

Controverse

FOOT.

4 lettres qui peuvent mettre un stade en furie, conduire une allégorie sans identité bercée de cris et d’hurlements, teinté d’émotions diverses qui varient à un rythme endiablé (admirez le jeu de mot) et qui feraient passer pour bipolaire n’importent quel supporter.

Il y a deux semaines, j’étais contre, contre cet évènement destructeur de dignité, balayant fierté et respect de la population brésilienne. Un profond dégout pour ceux qui au nom de la culture absorbe toute la beauté du jeu pour vous en revendre chaque parcelle au centuple.                            Il y a deux semaines je refusais d’être associé à ce mouvement qui glorifie chaque centime au profit de minorités oubliées, dissimulées dans un Brésil aux effluves sales et fétides qu’on tente avec ardeur d’étouffer sous les dollars. Tout s’achète. Pourquoi pas une population désarmée (plus par l’argent que par la volonté) pour cette si belle coupe du monde ? Sauf que ces minorités ne valent rien par rapport aux sommes folles dépensées pour l’évènement. Récusant toute assimilation à ce mensonge que certains absorbent la tête vide, j’avais choisi de ne pas regarder.

C’était il y a deux semaines. Deux petites semaines où le marketing s’est efforcé d’être encore plus prégnant, parce que si tu as décidé de ne pas regarder, n’aie pas peur, ce n’est pas toi qui vas au foot mais le foot qui vient à toi. Partout, tout le temps, sous toutes ses formes. Malgré les critiques, ces 4 lettres m’ont fait réfléchir. Peut-on ne pas cautionner la politique Brésilienne (et celle de la Fifa) tout en se laissant tenter par un petit match ?

Je pourrais faire partie de ceux qui regardent pour grappiller les moments d’euphories que l’évènement dégage, celles qui n’y connaissent rien mais crient parce qu’une fois par an on a le droit de faire comme si on s’y connaissait vraiment. Celles qui prient pour que Ronaldo fasse ce qu’il sait faire de mieux : mettre un but. L’enjeu plutôt accessoire n’étant pas de marquer mais l’empressement avec lequel il enlève son t-shirt. Peut importe les raisons qui nous poussent à rester planter en masse devant 11 joueurs qui se poussent, transpirent, vocifèrent et se jettent part terre, ces 4 insignifiantes lettres ne signifient pas Foot, elle signifie unité. Cet unité qui fait ce que nous sommes, Wallons ou Flamand mais Belge avant tout. Ces rassemblements sont-ils une raison suffisante pour cautionner la coupe du monde ? Peut-être avons-nous le droit d’être égoïstes. Peut-être avons nous le droit de penser à la nation avant de penser au monde entier. A tous ceux qui se révolte contre ces individus qui s’inventent une fierté car nous sommes en 8ieme, qui invectivent ses pseudp-supporter d’un jour, qui crachent sur la politique Belge mais acclament leur pays pour l’honneur d’une couleur, je dirais Carpe Diem. Soyons ces idiots aux esprits vides qui n’observent pas le monde dans sa totalité mais en fonction de sa nationalité. Soyons Belge le temps d’une coupe, soyons fière le temps d’un match. Oublions qu’après coup(e), une gueule de bois généralisée pourrait s’abattre joyeusement sur nos têtes unies, mais pas forcement lucide.

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1ier match de la coupe, premier carton jaune, première discussion…